March 8th, 2010
Il était une fois, pas très loin de chez moi, une femme habile de ses mains. Elle pouvait coudre, peindre, cuisiner, défaire des noeuds très très serrés et même faire de tartes. Elle était habile, il n’y avait aucun doute là dessus.
Ce que la plupart des gens ignoraient, c’est qu’elle possédait une autre habileté. Celle de se créer des soucis et des frustrations. À ses yeux, tout était sujet à critique négative et/ou à confection de drame. Le monsieur qui ramasse le recyclage avait envoyé son bac sur le terrain de son voisin: c’était automatiquement une ordure mal-élevé qui avait probablement sombré dans la drogue à cause des professeurs qui ne savent plus écrire le français. La femme de la caisse a pris le temps de vider son tiroir-caisse et de faire un dépôt avant de la passer: elle avait alors perdu un temps précieux qu’elle aurait pu utiliser à bien d’autre chose et, en prime, elle avait manqué son autobus et avait du attendre un autre 15 minutes avant de pouvoir se rendre chez elle.
Je pourrais énumérer des situations semblables pendant des lignes et des lignes. Cette chère dame était donc toujours de mauvaise humeur, stressée et entrain de chiâler. Inutile de préciser qu’elle recevait rarement de visites surprises ou de coups de téléphones. Les gens la craignaient.
Un matin, celle qu’on nommera la Dame Grise (aucune couleur joyeuse ne pouvant y être associée) se réveilla avec une sensation désagréable dans l’estomac. “In n’autre affaire” qu’elle se dit. N’ayant personne à qui se plaindre, elle attacha son chat sur une chaise de cuisine pour l’empêcher de fuir et ainsi lui déverser tout ce qu’elle avait sur le coeur. Car oui, même le chat tentait de s’échapper.
Chaque jour lui amenait sa nouvelle quantité de paroles négatives et chaque parole négative augmentait la douleur dans son estomac. La Dame Grise était loin de faire le lien entre son vomi verbal et sa douleur. Pour elle, Dieu, Bouddha et leurs autres copains en avaient encore contre elle. Sans compter que l’eau de sa ville était mal filtrer et que ses voisins vivaient en faisant tellement de bruits qu’il était impossible pour elle de relaxer.
Un jour, on cogna à sa porte; ce qui engendra chez elle un quasi-infarctus, n’étant plus habituée d’entendre ce son. Au lieu d’apprécier la visite, elle maugréa contre le cave qui osait venir la déranger ainsi.
En ouvrant la porte, elle posa les yeux sur son visiteur, un grand soldat rose, semblable à un casse-noisette mais sa les airs de schizophrénie. Le soldat n’attendit pas qu’elle l’invite à entrer (invitation qui, il le savait d’emblée, ne viendrait pas avant qu’il ait à entendre tout le mal qu’il venait de lui faire) et s’installa rapidement dans la chambre d’amis de la maison de la Dame Grise.
Si pendant les premières secondes, la Dame Grise était trop occupée à essayer de comprendre ce qui se passait pour réagir, les secondes suivantes elle pesta contre la vie, appela les policiers (qui ne se présentèrent jamais) et tenta par tous les moyens de faire sortir le soldat de sa maison. Rien n’y faisait. Le soldat rose était assis bien droit sur le fauteuil, le chat sur les genoux et souriait. “Je suis ici pour vous offrir de nouvelles lunettes”.
La suite, dans quelques jours…
Bonne nuit !

*Crédit image: musiqueonly.com
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March 6th, 2010
Le web c’est grand et beau et laid et douteux et surprenant et de mauvais goût et divertissant et essentiel et tout et tout. Et ça permet aussi de partager notre amour. Comme je vous partage le mien pour ça

et ça

Le premier parce que, allez, qui ne veut pas d’une machine aussi chouette ! Le deuxième parce que, vivant au Nord (mais vraiment moins au Nord) je sais ce que c’est que de ne pas avoir de lumière l’hiver. On n’est tout de même choyé d’avoir 5–6 heures de clarté par jour près du solstice tandis que les populations encore plus nordiques sont plongées dans la noirceur complète. Et aussi parce que Patrick Watson vit dans mon coeur.
Deux purs moments de bonheur.
C’est à votre tour, sharez votre love !
* Crédits image (avant que je m’amuse avec): www.memoiresofamommyblog.com
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March 4th, 2010
Il était une fois, dans un pays fort lointain, un petit garçon qui vivant seul dans un château abandonnés. Ses parents, le Roi et la Reine, avaient quitter le domicile familial il y a déjà 2 ans de celà pour aller porter une couche en permanence devant une machine à sous de Las Vegas. Depuis ce jour, Hugo vivait seul.
Au début, les armoires, réfrigérateurs et congélateurs étaient pleins à craquer; Hugo n’avait donc pas à s’inquiéter. Même qu’il en abusa un peu.
C’était un mercredi et Hugo s’ennuyait. Dehors il faisait un de ces temps qui vous donne envie de vous rouler en boule sur le divan et il avait déjà roulé pendant des heures. Il voulait faire autre chose. La première idée qui émit un son dans son esprit: manger.
Manger, c’est bien. Mais c’est quand même plate. Il avait envie de manger et il fallait que ce soit bon ET vraiment trippant. Que pouvait-il bien faire ?
Il abandonna d’emblée l’idée d’ingurgiter des fruits et des légumes. Sa mère n’était plus là, ce qui signifiait “Au yâbe les vitamines”. Les viandes étaient trop compliquer à apprêter et surtout trop longues à faire cuire. Les pâtes, il les faisait toujours collées, de même que le riz. “Penses Hugo, penses…”.
Et alors, ce fût le délire. Il se mit à courir partout dans l’immense demeure de pierre afin de récupéré ce dont il avait besoin: un piscine gonflable, une brouettes et 5 sceaux. Premièrement, il gonfla la piscine dans le salon, en prenant bien soin de rouler le tapis persan et de pousser les fauteuils Louis XIV. Ensuite, avec sa brouette et ses sceaux, il se rendit en catimini dans l’étable de ses voisins et soulagea les pies des vaches. De peine et de misère, il retourna chez lui pour déverser le contenu dans sa piscine.
Puis, arriva le clou, le moment où sa collation de rêve prendrait sa forme finale. En sortant de la cuisine, toujours avec la brouette, il se mit à déverser le contenu de 20 boîtes de biscuits Oréo dans la piscine. Le paradis, c’était ça. Si sa mère l’avait vu faire, elle l’aurait obliger à manger des brocolis et des épinards à tous les repas pendant au moins 6 semaines.
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March 1st, 2010
HellooooOOOOooooo !
Pour ceux qui me suivent sur Twitter, vous êtes au courant de la saga Dell-Puro-Ordi qui tarde à revenir-etc. Ben c’est terminé cette belle histoire. On est content, je commençais à manquer de ventolin et à ingurgiter beaucoup trop de Nutella. Ok, pour le Nutella, c’est une excuse facile.
Mon nouveau bébé est là, sous mes doigts et il fait un son réconfortant. Il agit au moment où je lui demande, il s’entend bien avec mes applications et programmes favoris. Le bonheur, c’est ça.
Je vous reviens donc, motivée comme jamais et avec une pile de rédac grosse comme ça pour SoundbeatMag. J’ai déjà quelques fictions qui ont pris forme et qui ne demande qu’à être lues…
Rebienvenue les enfants !
PS: J’écris aussi ici maintenant, en tant que bonne éducatrice physique. Go geeks, on bouge !
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February 18th, 2010
Quand la madame d’Urbania m’a demandé de lui écrire ce qui se passait côté réseaux sociaux dans mon Nunavik d’adoption, elle oublié de me préciser / j’ai pas compris que mon topo ne devait pas dépasser les 200 mots. Donc moi, j’me suis laissée aller.
Voici donc l’intégrale du texte dont un extrait sera publié dans le prochain numéro d’Urbania.
Vissipuk, ou Facebook en inuktitut
Le Nunavik est l’opposé de la gravité. Newton nous a appris que tout ce qui monte redescend; hors, ici, tout ce qui vient « d’en bas » fini par monter. C’était donc une question de temps avant que le fameux Web 2.0 s’embarque sur les ailes d’Air Inuit et répende sa bonne nouvelle à travers les 14 communautés.
Au sud (ce qui signifie pour nous tout ce qui se situe sous le 55e parallèle), les réseaux sociaux ont révolutionner le monde des communications. On crée un événement sur Facebook, on transmet l’information par courriel, on tweet l’adresse qui, si on est chanceux, sera RT assez de fois pour que Anne-Marie Withenshaw s’y présente. On cherche sur MySpace un band underground qui aurait envie de performer à notre boume du siècle. On reçoit une confirmation sur son wall et on envoie une Twitpic de notre face heureuse à partir de notre iPhone. Ici, autre game. Complètement.
Les communications n’ont pas besoin d’être révolutionnées ici. Pas pour l’instant, du moins. Je veux dire, en habitant dans une communauté qui compte entre 180 (Aupaluk) et 2000 habitants (Kuujjuaq), si quelqu’un a quelque chose à dire, un bon gros cri et tout le monde à compris.
Farce à part, chacune des communautés est dotée de la technologie FM et d’une grosse antenne. Dans les maisons inuites, le FM (c’est vraiment comme ça qu’on l’appelle) est ouvert en permanence. Si le maire a un message à faire passer aux citoyens, il appelle au FM. Si l’eau n’est soudainement plus potable, le message passe au FM. Si un ours se promène dans le village, le message de rester barricadé dans sa maison passe au FM.
Le FM sert aussi d’Alerte Amber. On ne trouve pas quelqu’un ? On n’a qu’à appeler au FM (ou à franchir les 45 pas qui nous sépare de la station) ! Les chances sont que, quelques minutes plus tard, on recoive un appel du disparu ou, si on est chanceux, sa visite. Devant un moyen aussi efficace, pourquoi se servir des réseaux sociaux pour communiquer ?
Les réseaux les plus populaires chez mes concitoyens sont Bebo et Facebook. (Pour ceux qui ne connaissent pas Bebo, on pourrait dire que c’est un mélange entre MySpace et Facebook). Et ils se servent des deux plates-formes pour des trucs similaires : mettre des photos en ligne, retrouver des amis perdus, jouer à Farmville, recrûter des zombis, envoyer des Growing gifts et écrire tout ce qui leur passe par la tête dans leur statut. Finalement, leur utilisation s’apparente fortement à la nôtre à nos début dans l’univers 2.0.
Rappelez-vous notre émergence dans cet univers. Les heures passées à chercher notre meilleur ami de la maternelle, regarder les photos de nos « amis », poker notre ancienne flamme. Toutes les fois où nous avons mis en ligne le résultats de quizz insignifiants, les acrostiches de nos noms ou a mettre à jour notre mood of the day. Il a fallu quelques années avant que nous nous rendions compte du potentiel de diffusion d’information de cette plate-forme. Il en sera probablement de même pour nos voisins inuits.
De temps en temps, ils passent sur le mur de leurs amis et laissent un doux « Nalligivagit (je t’aime) et je m’ennuie ». Les mots écrits de leur propre chef sont néanmoins nettement moins présents que les « … vient de vous envoyer un sourire », « … vient de vous envoyer un valentin », « votre chance aujourd’hui est de 78% », « … vous a ajouté à Top Friends ».
Si le sud continue de monter au nord aussi facilement et aussi rapidement, il ne sera pas surprenant, d’ici quelques années, de voir un Inuit créer un événement sur Facebook, transmettre l’information par courriel, tweeter l’adresse qui, si il est chanceux, sera RT assez de fois pour que Elisapie Isaac s’y présente. Il cherchera sur MySpace un band underground qui aurait envie de performer à sa boume du siècle. Il recevra une confirmation sur son wall et enverra une Twitpic de sa face heureuse à partir de son iPhone. Est-ce une bonne nouvelle ? Probablement pas. Mais ça, c’est un autre débat.
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1 RT: diminutif de retweeter. Sur Twitter, quand on utilise le RT, on rediffuse l’information de quelqu’un que l’on suit aux gens qui nous suivent.
Je tiens à remercier publiquement la madame d’Urbania pour ses gentils compliments. J’ai maintenant la certitude d’être merveilleuse. Maintenant, j’vais me gaver de Nutella.
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February 2nd, 2010
Moi, en le moins de mots possible. En attendant d’arrêter d’avoir peur d’écrire à partir d’un autre objet que le mien.
Ma famille.
Nutella.
Stéphane Bourguignon.
Rire à avoir des crampes.
Oreiller en plumes.
Death Cab for Cutie.
Le jogging, la natation, la randonnée et le yoga.
Les voyages.
Encore les voyages.
L’élégance du hérisson et La vie devant soi.
Sushis.
Les gros joggings gris et les jeggings.
Mes ami(e)s, individuellement et collectivement, à tous moments.
LES CHAUSSURES.
Turquoise.
Écrire.
Couverture en polar.
Paris.
Le grand amour.
La photographie amateure.
Le tricot (oui, oui) et la couture.
Les sacs surdimensionnés.
Écouter de la musique vraiment fort dans ma voiture.
L’Édition.
Mon Nunavik d’adoption.
La neige autant que les palmiers.
Le surf.
La plage.
Les ananas et les fraises.
Twitter.
Lire.
Le fabuleux desin d’Amélie Poulin.
Sex and the City, Heroes, Minuit le Soir et 30Rock.
Sienna Miller, Coeur de Pirate et Charlize Theron.
Louis-François.
Le soleil.
La planche à neige.
Les Laurentides.
Le théâtre comme le cinéma.
Le thé et dernièrement, le smoothie vert.
Ramenez-moi mon outil de travail. Je souffre.
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January 25th, 2010
Cet espace me manque.
Faire des critiques de bouquins me manque.
Travailler mon manuscrit me manque.
Inventer des histoires et les envoyer aux différentes revues littéraires me manque.
Écrire me manque.
Je ne sais pas si tous les écriveux / écrivains / auteurs sont comme moi, mais quand je n’écris pas pendant longtemps, je ne vais pas bien. Les histoires apparaissent dans ma tête, avec les mots exacts que j’utiliserais pour la coucher sur papier.
Pourquoi je n’écris pas alors ?
La raison est simple. Mon ordinateur est encore chez le docteur.
Et alors ?
Alors, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP de difficultés à écrire à partir d’un autre ordinateur que le mien. Comme si je n’étais pas capable de m’abandonner vraiment mes doigts ne tapotent pas sur mn clavier. Comme si je devenais vulnérable, que j’avais peur de me sentir jugée si jamais on tombait sur mes écrits en chantier.
Quand j’écris, le processus est long parfois. Il y a des moments où les mots coulent facilement et d’autres où je dois me creuser les méninges et que je trouve le travail ardu. Mais peu importe la qualité de mon texte, quand le je ponds à partir de mon ordinateur, il m’appartient encore. Il n’est pas accessible aux autres. Il fait encore parti de moi. Hors, étant condamnée à partager le portable de mon copain pour encore quelques jours, je suis confrontée à une barrière qui m’empêche de laisser les mots sortir.
Donc c’est pour ça que, depuis trop de jours, il n’y a rien de nouveau ici, ni dans mon dossier “Nouvelles”, ni ailleurs.
Ordinateur d’amour, reviens-moi. VITE.
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January 14th, 2010
À qui de droit,
J’adresse cette lettre à “Qui de droit” parce que je ne sais pas vraiment à qui m’adresser… Dieu, Mère Nature, Père Noël, Zeus, Ginette Reno et ses chapelets ? J’espère de tout coeur qu’elle se rendra à la bonne personne.
Chère Puissance-dont-le-nom-m’échappe,
Comme tous les autres humains qui ont un contact avec la télévision / Internet, je suis, depuis 48h, bombardée d’images, de témoignages et de faits provenant d’Haïti où tu as jugé bon de t’acharner une fois encore. Cette lettre a pour but de te manifester mon désaccord face à ce qui, selon moi, est la pire décision que tu as prise, ever.
Je ne sais pas si c’est parce que tu reviens de vacances, que tu trouves que de nous regarder est devenu plate ou simplement que tu as perdu une gageure mais honnêtement, il me semble que tu pourrais foutre la paix aux haïtiens pour, disons, je sais pas, les 145 prochaines années. J’ose croire que tu es aveugle, sourd, ou les deux et qu’en plus tu n’as accès à aucune source d’information; dans le cas contraire, t’es vraiment un abruti.
Honnêtement, qu’est-ce qu’ils t’ont fait, les haïtiens ? Ils ont insulter ta maman ? Détruit ton château de sable ? Manger ton bol de gruau ? J’veux dire, ils ont dû t’en faire baver pour que tu t’acharnes sur eux ainsi. Parce que, on sait bien, c’était pas assez de les regarder vivre sous le seuil de la pauvreté, de les regarder se battre et survivres aux ouragants et aux tempêtes. Non ! Il fallait bien leur envoyer quelque chose qui allait tout détruire.
Je me demande, comme ça, as-tu un coeur ?
Parce qu’avec ma logique, qui n’est peut-être pas la meilleure, je l’avoue, mais selon elle, ce que tu fais, c’est juste trop. Un moment donné, enough is enough comme ils disent. Et puis, tout bêtement, je trouve qu’ils ont raison.
Es-tu au courant que sur cette Terre, y’a des tueurs, de violeurs, des tueurs et violeurs, des conducteurs ivres récidivistes, des fraudeurs qui, par leurs magouilles, ont dépouillé d’honnêtes gens de leurs avoirs, des dictateurs qui gardent leur peuple dans la misère, des criminels de guerre, bref, plein de gens pas gentils ? Et tu sais que parmis ces gens pas gentils, il y en a qui vivent dans le bonheur et le confort et se trouvent bien drôles ? Qu’il y en a qui sont en prison mais qui vont sortir après 2 ou 3 ans parce que… Je ne peux pas l’expliquer mais parce que ?
J’aimerais te faire part de mon idée. La prochaine fois que tu perds un pari, fait disparaître un violeur d’enfant, appelle Claude Poirier pour lui dire où se trouve Cédrika, donne un coeur à un dictateur. Mais de grâce, cesse de t’acharner sur Haïti.
Tu sais quoi ? Je penses que les haïtiens, ils sont sur le point de te faire mordre la poussière. Parce qu’encore une fois, ils vont se relever, plus forts, plus confiants, et ils vont se remettre à vivre en mordant dans la vie afin de remercier celle-ci de les avoir épargner. Ils vont vivre leur vie à plein sourire pour honorer leur chers disparus. Et là, toi, tu vas te rendre compte que ça ne sert plus à rien de leur envoyer du malheur parce que tout ce que ça leur donne, c’est le pouvoir de te combattre encore et encore.
Va en enfer, si t’es game. Poule mouillée.
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January 13th, 2010
Quand Lucille s’installe dans le siège 14C du vol en direction de Londres, c’était avec la vive conviction qu’elle ne remettra plus jamais les pieds à Repentigny, ville qui a vu vivre et mourir ses plus grands rêves. Adieu le bungalow, la piscine hors-terre, Maya, le chien saucisse, et le bon voisinage. Adieu Luc. Adieu le pavé uni.
Lucille et Luc, petit couple parfait, mariés alors qu’ils étaient encore tout chauds de leurs diplômes universitaires. Bons boulots. Revenu familial de plus de 100 000$. Semaines de vacances passées dans le sud. Abonnés au Club de golf. Voitures propres. Odeur de cuir. Photos professionnelles accrochées sur le mur qui bord de l’escalier qui mène à l’étage. Lit King. Tapis qui s’écrase quand on marche dessus. Le gros bonheur.
Il faut bien être fou pour quitter ce confort repentignais pour Londres, ville pluvieuse où on conduit du mauvais bord. C’est bien comme ça qu’elle se sentait, la Lucille à son Luc: comme une folle.
L’avion décolle et Lucille rumine sa Bubblicious au melon d’eau pour libéré la pression de ses oreilles. Son voisin de droite semble un peu mortifié par le manque de grâce et surtout, par le bruit rebutant produit par la bouche de Lucille. Mais notre héroïne n’y porte pas attention. Il faut ce qu’il faut dans la vie, et mâcher exagérément est présentement ce qu’il faut pour ne pas ressentir de douleurs. Courageuse Lucille.
Pendant que le vol survole l’Alaska (ou Alma, elle n’a jamais été très forte en géographie), Lucille sort de son sac de voyage de taille réglementaire, un carnet et un stylo. Après s’être installée confortablement, du Nicola Chiccone dans les oreilles pour inspirer son récit, elle planche sur le papier vierge les premiers mots de ce qui sera son journal de bord.
Janvier 2010, départ
Je suis à bord du vol qui me mènera vers ma nouvelle résidence: Londres. Tout ce qui m’est arrivé avant mon embarquement dans cet avion s’efface présentement de ma mémoire. Je ne suis plus la Lucille de Repentigny. Je suis Lucille. C’est tout. Et je trouve que l’air est un peu sec dans cet avion.
Exténuée, elle s’enfourne deux Bénadryls et prie pour dormir le plus rapidement possible. Chose qui lui est impossible depuis les dernières 247 heures. Chaque fois que le sommeil lui tend les bras pour l’accueillir chaleureusement, les événements qui ont précipité son départ lui reviennent sur grand écran et elle ne peut s’empêcher d’en chercher la cause, de fouiller ses souvenirs pour en faire ressortir la faille. En vain.
Les Bénadryls font effet, mais le cerveau de Lucille, comme pré-programmé, lui présente en HD un long métrage de déjà-vus. Dans son sommeil sur-atlantique, Lucille est parachûtée dans la nuit du 31 décembre et 1er janvier, au transfert d’année, moment charnière dans l’existence de la femme. Tout semblait y aller selon le programme, les matantes étaient couvertes de paillettes et les mononcles sirottaient leur porto en fumant leurs cigares dans le garage (endroit préalablement amménagé pour les fumeurs. Lucille est une bonne hôte). La musique se faufilait à travers les conversations et les pâtés de foie. Un vrai bon réveillon.
Le décompte allait s’ammorcer, c’était une question de secondes. Lucille était en charge de déboucher le champagne et de s’arranger pour en mettre partout. Sinon, les matantes ne pourraient pas pousser de petits cris aigüs et les mononcles devraient s’abstenir de passer des commentaires érotiques sur les talents de Lucille à faire gicler le liquide. Il faut ce qu’il faut.
Lucille s’empare de la bouteille. 10. Gosse avec le papier d’aluminium. 9. Se bât avec le petit bidule twisté en métal. 8. 7. 6. Commence à soulever légèrement le bouchon. 5. POW!
4. Le bouchon va se fracasser sur le plafond.
3. Le liquide se répand au sol.
2. Les regards des invités fusillent Lucille.
1. Lucille échappe la bouteille au sol.
0. Au lieu du “Bonne année” traditionnel, Luc lui envoie un “Je demande le divorce” en s’époumonnant.
Lucille se réveille en sursaut, en sueur, dans l’avion. Elle appuie sur le bouton qui fait que l’agente de bord vient la voir. Elle ne va pas bien. Elle panique. Les événements tournent dans sa tête.
Malgré la gentillesse de l’agente et la fraîcheur de la serviette qui lui est déposée sur la nuque, Lucille est en état de choc et cherche désespérément à comprendre pourquoi diantre elle a ainsi gâché sa vie, telle une incapable qui ne sait pas synchroniser ses mouvements avec un chronomètre inversé.
Le commandant annonce le début de la descente. Londres est à quelques milliers de kilomètres. En redressant son siège, rangeant son appareil électronique et replaçant la tablette devant elle, Lucille prie pour qu’elle s’abstienne de faire un aussi grande faute dans sa nouvelle vie.
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January 11th, 2010
Comme plusieurs, la lecture du billet de Steve Proulx m’a donné envie de me prêter à l’exercice. Puis, la lecture de celui de Pat Dion m’a botté le derrière. À travers mon mucus, j’ai tenté de réchéflir et de trouver les 20 sujets qui m’intéressent le plus.
1– L’amélioration de la condition physique
2– Inventer des histoires et les raconter
3– Les médias qui se distinguent par leur forme et leur fond
4– L’industrie du livre
5– L’alimentation équilibrée, goûteuse, flyée qui nourrit bien et donne envie de cuisiner
6– Les éco-designers
7– Les moyens possibles pour produire moins de déchets
8– La musique qui fait danser les papillons dans mon ventre
9– L’histoire et son impact
10– La littérature québécoise émergente
11– Les voyages qui transforment
12– Le vocabulaire
13– L’épanouissement des enfants
14– La découverte d’une autre culture
15– Le dépassement de soi
16– Le cinéma qui est joli à regarder
17– Les différents visages de la créativité
18– Les documentaires objectifs
19– Les impacts de la pratique du yoga sur le yogi
20– Les traces laissées par les grands altruistes de ce monde et l’inpiration qui en découle
Ce sont les 20 trucs qui m’intéressent le plus, mais je ne peux pas dire que l’ordre est exact. En fait, l’ordre est en constante évolution, en changement perpétuel, variant selon mes priorités du moment et les projets sur lesquels je planche. Bref, c’était un exercice difficile mais agréable, qui permet de voir noir sur blanc qui on est, en 20 sujets.
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