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	<title>nancybpilon.com &#187; J&#8217;écris</title>
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	<description>Au commencement, il n&#039;y avait rien.</description>
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		<title>Merci Zoé.</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 00:04:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nancy B. Pilon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Fiction]]></category>
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		<description><![CDATA[En reposant le combiné, Laurianne ne savait pas comment réagir. Elle avait envie de sauter de joie et de crier mais en même temps, ses mains devenaient moites et le stress montait et faisait giguer ses genoux. Elle pris la décision de s’asseoir, ce qui était bien pour calmer ses rotules autant que pour réfléchir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En reposant le combiné, Laurianne ne savait pas comment réagir. Elle avait envie de sauter de joie et de crier mais en même temps, ses mains devenaient moites et le stress montait et faisait giguer ses genoux. Elle pris la décision de s’asseoir, ce qui était bien pour calmer ses rotules autant que pour réfléchir un moment.</p>
<p>Au téléphone, Hugo Jacques, l’homme derrière les Éditions Tradescantia, venait de lui apprendre que son manuscrit serait publier, traduit dans toutes les langues et même envoyé à la Station Spatiale Internationale. Dans quelques semaines, elle allait éclipser Emile Zola, Tennesse Williams et Marie Laberge. N’importe qui se serait rouler par terre ou aurait ouvert une bouteille de champagne. Laurianne hésitait encore.</p>
<p>Assise sur une chaise de bois vraiment inconfortable, glissant les mains sur ses cuisses, elle se parlait à voix haute.</p>
<p>“J’ai travaillé fort, je le mérite. J’ai passé des heures à faire clapoter mon clavier. Je le mérite”.</p>
<p>Malgré tout, un petit quelque chose en elle l’empêchait d’appeler toutes ses amies et de se vanter à son gros voisin suintant, chef en règle des perdants. De là la moiteur de ses mains et la claquette de ses genoux.</p>
<p>Un bruit sourd venant du haut des escaliers la ramena sur la terre des vaches. Elle regarda sa montre. C’était l’heure.</p>
<p>Dans la chambre près de la sienne, sa soeur cadette, en phase terminale d’un cancer généralisé, se tortillait de douleur. Laurianne entra dans la chambre avec une voix apaisante et une seringue de morphine. Elle endormi les douleurs qui accâblaient sa soeur depuis plus de trois quart d’heures, le temps généralement requis pour que cette dernière, en plein délire, se mette à parler seule et à raconter des histoires. Sa soeur calmée, Laurianne pris l’enregistreur portatif qu’elle fixait quotidiennement sur la tête de lit  et arrêta l’enregistrement en murmura un doux “Merci Zoé!” avant de se diriger vers son ordinateur.</p>
<p>____________________________</p>
<p><em>Source image: </em><a href="http://www.flickr.com/photos/lauracammarata/2757887674/"><em>http://www.flickr.com/photos/lauracammarata/2757887674/</em></a></p>
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		<title>La baise</title>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 04:00:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nancy B. Pilon</dc:creator>
				<category><![CDATA[J'écris]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[Fictions]]></category>
		<category><![CDATA[Jules]]></category>
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		<description><![CDATA[Assise dans une grosse chaise grise, l’aiguille dans le cathéter, la chimio dans le tube, Nellie débite des phrases en omettant quelques ponctuations. Elle parle parce qu’elle n’a jamais parlé; elle parle pour qu’une oreille entende. Si elle a à mourir, elle n’emportera pas tous ces secrets avec elle, y’en a marre de traîner des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Assise dans une grosse chaise grise, l’aiguille dans le cathéter, la chimio dans le tube, Nellie débite des phrases en omettant quelques ponctuations. Elle parle parce qu’elle n’a jamais parlé; elle parle pour qu’une oreille entende. Si elle a à mourir, elle n’emportera pas tous ces secrets avec elle, y’en a marre de traîner des boulets à ses chevilles. Si c’est la vie qui l’attend, elle refuse de s’empêcher d’en profiter pour des histoires non terminées. Alors elle parle. Elle débite des phrases afin que le cancer lui sorte par la bouche.</p>
<blockquote><p>«  Contrairement à ce qui est en train de vous passer par la tête, la baise avec Jules n’a jamais été fantastique, jusqu’à devenir rare. En pratiquement 2 ans, aucun orgasme. Niet. Nul. Néant. Ou tout autre mot commençant par la lettre « N » et qui signifie iNexistant.</p>
<p>Comme un bon nombre de filles (je pourrais chercher les statistiques mais, sérieux, je n’en ai pas envie), j’ai déjà simulé l’orgasme. Je n’ai pas ébruité mon cas, mais je ne connais personne qui ait <em>faker</em> pendant tout ce temps. Ceux qui l’ont fait, levez la main…</p>
<p>La baise. Une baise de fille qui ne connaît pas son corps, qui n’aime pas son corps, qui ne sait pas jouir, qui ne veut pas trop. Une baise de fille de 17 ans qui a vécu sa première relation sexuelle quelques mois au paravent avec un connard qui n’a même pas été foutu de lui proposé le missionnaire comme prologue à sa vie sexuelle.</p>
<p>Baise pas malade avec un corps de dieu dans mon lit. Déceptions.</p>
<p>Jules ne m’a jamais fait jouir, ou je n’ai jamais jouie avec Jules. Peut importe le sens qu’on lui donne, le résultat est le même.</p>
<p>Je voyais la baise comme un moment de consécration. En fait, avec Jules, je n’ai jamais baisé, je faisais l’amour. L’AMOUR. Avec les violons pis toute. Et on se demande pourquoi je n’avais pas de fun. Chaque mouvement se rapprochait d’une vie de couple de matante. Pas trop de folies, pas d’innovations, pas de gros trip. À la limite du devoir conjugal.</p>
<p>Il y a bien eu des moments de plaisir, de chaleur, d’humidité… Dans les beaux débuts, on se réveillait la nuit, simultanément, comme si on partageait le même corps. Et là, sans un bruit, sans une parole, doucement, on s’aimait. À peine une respiration. Deux corps somnambules. Puis on s’endormait, sans une parole, doucement. On s’aimait.</p>
<p>Quelques frissons. Mais aucune extase. Mon premier orgasme m’a été donné par un collègue du cégep qui, avec sa stature squelettique, a réussi à me faire venir grâce à son os pubien proéminent qui a su stimuler mon clitoris. Ce gars était tellement maigre que je me retrouvais avec des bleus entre les cuisses après chaque épisode.</p>
<p>J’ai toujours été attiré par les gars bien bâtis. Maintenant, je connais les avantages des maigrichons. Tu pèses combien? 110 livres? MMmmm!</p>
<p>Quand on le vit pour la première fois, la vie commence… C’est ÇA le sexe… Encore! <em>Come on! </em>Ensuite, on se rencontre que ce gars qu’on n’aime pas, qui vous a encore endoloris les adducteurs, vient de vous donner la réponse à la question que vous vous poser : oui, le sexe, c’est bon. Et, comme un deux par quatre qui vous arrive dans le front à 90km/h, la pensée fatidique surgit : pourquoi jamais avec Jules?</p>
<p>Comment voulez-vous qu’une fille, normalement constituée et donc, qui aime les beaux gosses et le sexe, ne pensent pas avoir vécu son histoire qu’à demie : j’avais le beau gosse… je veux le sexe.</p>
<p>Avec lui, j’ai le fantasme du sexe parfait, de la baise idéale. Une heure de pur plaisir, de regards, de sueurs, de caresses (de caresses, par de petits frôlements sans vie). Une heure de « Estik que t’es belle », de beaux culs, de mouvements coordonnés. Le tout conclu par une apothéose simultanée, d’un éclat de rire, d’une claque sur une fesse et d’un sandwich au jambon. Du soleil dans les yeux, du printemps dans les cheveux. «  Mmmm… le sexe c’est bon, voyez?!  Moutarde ou mayonnaise?» ».</p></blockquote>
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		<title>Pour contrer l’ennuie</title>
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		<pubDate>Wed, 26 May 2010 21:23:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nancy B. Pilon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles publiés]]></category>
		<category><![CDATA[J'écris]]></category>
		<category><![CDATA[David Levien]]></category>
		<category><![CDATA[La Cabane des Disparus]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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		<description><![CDATA[Vous n’en pouvez plus parce que ça fait des jours et des jours que vous rêvez de lire une critique du roman “La Cabane des Disparus” de l’auteur américain David Levien ? Qu’à celà ne tienne ! Je serai toujours là pour vous redonner le sourire.
Ma critique, sur Soundbeat Mag
____________________________
Source image: Complètement oublié de le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous n’en pouvez plus parce que ça fait des jours et des jours que vous rêvez de lire une critique du roman “La Cabane des Disparus” de l’auteur américain David Levien ? Qu’à celà ne tienne ! Je serai toujours là pour vous redonner le sourire.</p>
<p><strong><a href="http://www.soundbeatmag.com/loisirs/livres/6504.html">Ma critique, sur Soundbeat Mag</a></strong></p>
<p><strong>____________________________</strong></p>
<p><em>Source image: Complètement oublié de le noter. Désolée !</em></p>
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		<title>L’enveloppe</title>
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		<pubDate>Wed, 26 May 2010 03:41:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nancy B. Pilon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[J'écris]]></category>
		<category><![CDATA[Amandine]]></category>
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		<description><![CDATA[Amandine aime bien recevoir du courrier qui n’est pas pré-affranchi et dont l’enveloppe ne porte pas les couleurs d’une entreprise quelconque. Elle aime encore mieux le contenu de ces enveloppes en autant qu’elles ne contiennent pas un faux prêt de 5000$ ou une offre de carte de crédit à taux d’intérêt si bas qu’il est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Amandine aime bien recevoir du courrier qui n’est pas pré-affranchi et dont l’enveloppe ne porte pas les couleurs d’une entreprise quelconque. Elle aime encore mieux le contenu de ces enveloppes en autant qu’elles ne contiennent pas un faux prêt de 5000$ ou une offre de carte de crédit à taux d’intérêt si bas qu’il est impossible de s’en passer. En revanche, elle n’arrive pas à déterminer si elle aime ou non l’enveloppe qui repose sur la table, devant elle, seule à côté de la pile couleur papier kraft qui jubile déjà des sommes qu’elle s’apprête à soutirée à Amandine.</p>
<p>L’enveloppe mystérieuse  n’affiche aucune adresse de retour et on peut difficilement déchiffrer sa  provenance puisque l’étampe de la poste semble avoir glissé sur le papier crème. Cependant, l’écriture nerveuse, penchée vers la gauche même si elle provient d’une main droite (aucun frottement d’encre typiquement gaucher n’est apparent), vient tirer sur certains souvenirs d’Amandine, souvenirs qui sont bien rangés dans une petite boîte scellée et dont la réouverture est fortement déconseillée.</p>
<p>Assise à sa table, le pied gauche sous les fesses, le pied droit qui se balancet, elle décachette l’enveloppe en tentant de respirer calmement. Elle déplie le feuille qui s’y cache, ferme les yeux et se dit en les ré-ouvrant qu’elle doit lire tous les mots qui y sont écrits et non sauter directement à la fin pour y lire la signature.</p>
<blockquote><p><em>Il m’arrive, parfois, d’avoir la pensée folle que nous existons, dans une sorte d’univers parallèle; un endroit qui nous est offert à un moment précis de notre vie, une seconde décisive qui fait que l’on va à gauche, ou à droite. J’imagine que présentement, nous vivons nos vies à gauche, toi là-bas et moi ici mais, qu’à droite, nous vivons complètement autre chose, suite à la décision prise lors de la seconde charnière.</em></p>
<p><em>À droite, je suis toujours bon enfant, heureux et jovial et j’appelle ma mère régulièrement. Je mange mes légumes verts et je bois moins de bière, je passe l’aspirateur dans les craques du divan et je ne laisse pas traîner mes bas. Je suis capable d’entretenir une conversation de plus de 5 minutes sans parler de température, de hausse de tarif ou de hockey et je lis, des fois, autre chose que des derrière de boîtes de céréales.</em></p>
<p><em>Mis à part ces bonnes habitudes de vie, il y a autre chose qui me plaît dans cette vie parallèle. Dans cette vie parallèle, tu es là, tout sourire. Puisque c’est dans ma tête, tu es très souvent dans la lumière du jour et très souvent les épaules nues (ok, tu es souvent nue, mais ce n’est pas mon point). Tu ries comme une enfant. Tu es belle, comme dans mon souvenir et j’ai les mains moites juste à y penser.</em></p>
<p><em>Mon moment favori, c’est quand je te vois dans cette grosse chaise tressée, accrochée au plafond, tenir dans tes bras un mini-humain qui a tes yeux. Il n’a pas de cheveux, pas de dents mais tu le regardes comme si c’était un chef-d’oeuvre. </em></p>
<p><em>À droite, on réussi encore à s’aimer malgré mes cris et les assiettes que tu as lancé par la fenêtre (assiettes qui ont assommés le chien du voisin, mais je ne te l’ai jamais dit). Je ne t’ai pas regardé partir et je ne me suis pas réfugié dans l’entre-jambe d’une douzaine de filles.</em></p></blockquote>
<blockquote><p><em>J’aime ma vie à gauche. Pour vrai. Mais aujourd’hui, hier, et avant-hier, sans raison, j’ai juste envie d’être à droite. </em></p></blockquote>
<p>Amandine laisse la lettre gésir sur la table avant d’enfiler une série d’action excessivement clichées: elle s’assoit dans son sofa, un pot de <em>Häagen-Daz</em>s au chocolat à la main, une cuillère dans l’autre et s’enfile la première série de <em>Sex and the Cit</em>y en se magasinant des chaussures sur Internet.</p>
<p>________________________</p>
<p><em>Source image: </em><a href="http://www.flickr.com/photos/marcde/4358086751/"><em>http://www.flickr.com/photos/marcde/4358086751/</em></a></p>
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		<title>Calendrier de rédaction — 20.05.10</title>
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		<pubDate>Fri, 21 May 2010 02:10:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nancy B. Pilon</dc:creator>
				<category><![CDATA[J'écris]]></category>
		<category><![CDATA[Appel de textes]]></category>
		<category><![CDATA[Mots]]></category>
		<category><![CDATA[Soundbeat Mag]]></category>

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		<description><![CDATA[En cours:
- Critique de l’autobiographie littéraire Escorte de Mélodie Nelson
- Critique de l’album Red Brick House de The Wind Up Radio Sessions
- Critique de La chûte du mur de Annie Cloutier
- Nouvelle sous le thème Les arbres pour la Revue Moebius
- Nouvelle sous le thème La Mode pour la revue Zinc
- Mon Roman
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En cours:</p>
<p>- Critique de l’autobiographie littéraire <a href="http://www.transitediteur.com/Escorte.php">Escorte</a> de <a href="http://melodienelson.com/">Mélodie Nelson</a></p>
<p>- Critique de l’album Red Brick House de <a href="http://www.myspace.com/thewindupradiosessions">The Wind Up Radio Sessions</a></p>
<p>- Critique de <a href="http://www.triptyque.qc.ca/argu72.html">La chûte du mur</a> de Annie Cloutier</p>
<p>- Nouvelle sous le thème Les arbres pour la <strong><a href="http://www.triptyque.qc.ca/themes.html">Revue Moebius</a></strong></p>
<p>- Nouvelle sous le thème La Mode pour la <a href="http://www.revuezinc.com/zinc_site_web-index_002.htm"><strong>revue Zinc</strong></a></p>
<p>- Mon Roman</p>
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		<title>Les plus jeunes sont des salopes.</title>
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		<pubDate>Tue, 18 May 2010 22:26:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nancy B. Pilon</dc:creator>
				<category><![CDATA[J'écris]]></category>
		<category><![CDATA[Appel de textes]]></category>
		<category><![CDATA[Biscuit Chinois]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte préalablement écrit pour le numéro “Taxi” de la Revue Biscuit Chinois. Texte non retenu.
« J’te déteste connard ! »
C’est tout ce qui m’est passé par la tête quand il a claqué la porte. Pas que ce soit vrai, mais plutôt que j’avais l’impression que ça me ferait du bien de crier une vacherie. Résultat : loin de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Texte préalablement écrit pour le numéro “Taxi” de la Revue Biscuit Chinois. Texte non retenu.</em></p>
<p>« J’te déteste connard ! »</p>
<p>C’est tout ce qui m’est passé par la tête quand il a claqué la porte. Pas que ce soit vrai, mais plutôt que j’avais l’impression que ça me ferait du bien de crier une vacherie. Résultat : loin de ce qui était attendu. Là, en plus de me sentir vide, je me sens pathétique d’avoir voulu me prendre pour une mauvaise actrice française de film de série B. Mon moral est au paroxysme de l’absence.</p>
<p>C’est pas un connard. C’est pas une lumière peut-être, mais c’est loin d’être un connard. J’veux dire, un connard, c’est… con, mais en pire. Il lui est arrivé d’être con. Le sommes-nous pas tous un peu au fond ? En tout cas, moi présentement, je me qualifierais de conne. Mais pas de connasse. On dirait qu’un connasse, c’est pire qu’un connard. Ou c’est moi qui ne suis pas en paix avec ce vocabulaire.</p>
<p>En plus, le DÉTESTER. Oh là. J’en suis pas là. Je ne l’ai pas dans la peau mais je ne désire pas sa mort non plus. Détester quelqu’un, c’est dépenser beaucoup d’énergie pour pas grand chose. Ça amène jamais rien de bon et ça crée une espèce de tension malsaine dans le corps. Il faut presque prévoir à son agenda des périodes par jour pour entretenir la haine… Non, non. Je ne le déteste pas.</p>
<p>J’ai péter un plomb, là, c’est tout… ça arrive, non ?</p>
<p>En fait, je l’aime bien Claude. Non, je l’aime beaucoup. Il est si gentil. Depuis qu’on se connaît qu’il est au petit soin avec moi. Il m’amène dans des instituts de beauté, m’offre des parfums, me fait découvrir des nouveaux styles musicaux et m’aide à apprécier les classiques. Il est doux et tendre avec moi, s’assure que je suis toujours en bonne santé. De nos jours, ils sont rarement aussi attentionnés.</p>
<p>J’ai connu Claude il y a presque 4 ans. J’étais loin d’être la plus attirante du coin, mais c’est moi qu’il a choisi. « C’est la p’tite brune que j’veux » a-t-il dit, haut et fort devant toutes les autres. Ça m’avait <em>booster</em> l’égo, j’vous dit pas !</p>
<p>J’en avais vu d’autre avant lui. Un qui me laissait une odeur de cari sur la peau et qui me déposait toujours une statue étrange sur la poitrine. Poyan. Il n’était pas doué le pauvre, j’avais l’impression qu’il était complètement inconscient des mouvements émis par ses membres. On s’approchait du pathétisme. J’ai essayé d’émettre des sons, de donner des pistes du genre : « Euh, <em>buddy</em>, j’sais pas ce que tu fais mais je ne pense pas que si tu continues comme ça on se rende à destination ». En plus d’être malhabile, il était, comment dire ? Pas violent, mais pas doux non plus.  J’ai eu quelques blessures d’ailleurs. En somme, une expérience un peu décevante. Mais bon, dans mon métier, on choisi pas.</p>
<p>Ensuite, il y a eu ce mec africain, Baboula qu’il se nommait. Je n’ai jamais su si c’était son véritable prénom où si c’était sa manière d’essayer de préserver son intégrité. Il ne l’avait pas facile. Immigré persuadé qu’il trouverait ici une vie meilleure, il s’était fait garocher violemment en bas de son piédestal quand on lui a pratiquement cracher son « non-valide » diplôme d’ingénieur au visage. Sa famille attend toujours qu’il les fasse venir, persuadée qu’il travaille d’arrache-pied dans son domaine. Je ne pense pas qu’il s’est résolu à leur avouer vers quoi il s’était retourné. J’ai bien voulu qu’on ait du plaisir ensemble, mais à chaque rencontre, je sentais que son cœur n’y était pas. C’était machinal, froid. J’étais triste pour lui. Mais au fond, qu’est ce que je pouvais faire de plus ?</p>
<p>J’ai été « essayée » par une fille aussi. Lucie. Dans la trentaine. C’est drôle d’être menée par une fille. Il fallait toujours qu’elle me lave, « Juste pour être sûre » qu’elle disait. Sûre de quoi ? J’ai jamais su. Elle était douce, c’est vrai, mais on n’avait aucune connexion. Elle a voulu explorer je pense. J’étais pas son type !</p>
<p>C’est ensuite que j’ai connu Claude. Claude. Je ne pensais pas que ça allait durer cette histoire, mais il est fidèle mon Claude, il ne veut que moi. Certains jours, pendant de longues heures, il ne fait que me toucher et me parler. Je crois que je peux affirmer sans problème que je connais ses plus profonds secrets. Avec moi, il s’abandonne, il laisse tomber les filtres. Je l’ai vu rire, pleurer… il m’a déjà tapoché un peu lors d’une grosse colère. Il ne le voulait pas, je le sais bien. Ça ne s’est d’ailleurs plus jamais reproduit.</p>
<p>Il a un beau vocabulaire, il a toujours le mot juste. Pas de « t’sais genre » ou de « patente », « machin », « chose ». Il est calme et posé. Il sourit. Et avec lui, seulement les bonnes odeurs me collent à la peau.</p>
<p>Je ne pensais jamais me sentir comme ça. Vous savez, dans mon métier, il faut s’attendre à en voir plusieurs et à ne pas les voir nécessairement longtemps. On fait pas ce métier pour s’attacher, on le fait pour… Rendre service ? Combler des besoins ? Explorer de nouvelles avenues ?</p>
<p>Bon, ok, je m’en raconte peut-être un peu.</p>
<p>Je pensais que Claude et moi, on avait quelque chose de spécial. La vraie affaire là, comme on voit dans les films ou dans les romans de filles. Le gros A en caractère gras qui fait que votre raison plie bagage et s’<em>astaluegosse</em> sans que vous vous en rendiez compte. J’me suis bien plantée oui.</p>
<p>J’ai commencé à avoir des doutes la journée où ses yeux se sont posés sur la petite nouvelle. Je l’avais vu venir. Quand la P’tite était venue se poster au spot, je me suis tout de suite dit qu’elle était le genre de Claude. J’ai rarement vu ça; je ne me rappelais pas qu’on pouvait autant briller. Ça sentait la vierge du métier, elle transpirait le « Je n’ai pas encore eu de client ». C’est cette espèce de naïveté qui les fait tous loucher, ces pauvres mecs. C’est n’importe quoi. La P’tite, elle est ben <em>cute</em> là, mais elle connaît rien, elle n’a pas les réflexes, elle ne connaît pas les codes. C’est une espèce de piège la P’tite. Moi j’ai fait mes preuves.</p>
<p>Même assurée que j’en connaissais plus qu’elle sur le métier, le doute s’est tout de même installé. Rapidement confirmé par les coulisses de bave et les exclamations de Claude. Il m’a toujours tout dit, il n’allait tout de même pas s’arrêter à l’instant. Et puis, j’imagine que, même après toutes ces années, il ne voyait pas que je pouvais avoir des sentiments. Pouvais-je lui en vouloir. Mon métier est tout de même de le servir, en quelque sorte. La bave et les exclamations se sont rapidement ajoutées aux manques d’attentions, à la perte de tendresse. J’avais le même parfum depuis des mois et il ne s’en préoccupait plus. Je pense qu’il ne me sentait plus, il était ailleurs… Ailleurs, avec la P’tite.</p>
<p>Puis, il a commencé à en parler, à parler du fantasme de leur première rencontre, de ce qu’il allait lui offrir, de ce qu’ils pourraient faire ensemble. Devant moi, à voix haute. J’étais sensée faire quoi ? Le regarder dans les yeux, l’écouter, l’encourager et même l’aider à faire des plans ? Merde ! Il me prenait pour qui ? Je savais qu’il tenait à moi au fond. La nouveauté l’attirait, oui, ok, mais moi, moi je savais que j’étais spéciale. Et puis, quatre ans, ça ne s’oublie pas en criant… un mot, n’importe lequel. Je ne connais pas de mot assez long pour permettre à quelqu’un d’oublier quatre ans de complicité en le criant.</p>
<p>C’est là que la connerie s’est installé et que j’ai pris des mauvaises décisions. Vous allez me juger, je le sens. C’est facile de juger de l’endroit où vous êtes aussi, bande de connards. Merde ! J’ai encore dit connard.</p>
<p>Pardonnez-moi. Mais j’ai mal. Physiquement (à cause de ma connerie) et sentimentalement à cause de Claude. Ou de ce que j’ai laissé le droit à Claude de me faire. Je n’avais qu’à ne pas m’attacher, j’avais toujours réussi avant lui. « Le métier c’est le métier ». Ça sonne stupide comme credo mais c’était le mien. Mon leitmotiv. Et il me gardait les pieds sur terre.</p>
<p>Mon plan pour que Claude reste avec moi trouvait son succès dans le fait que j’allais le faire sentir si mal, lui donner si peur de me perdre qu’il allait réaliser qu’il ne pouvait pas être avec quelqu’un d’autre. C’est un plan crasseux de fille qui a peur, j’en conviens. Que voulez-vous que j’vous dise ? Que je regrette ? Oui je regrette. Est-ce que ça me fait du bien de dire ça ? Absolument pas.</p>
<p>Je me suis donc blessée, volontairement et gravement. Je me suis pratiquement donné la mort. Tout était calculé par contre, je savais bien que Claude allait arriver quelques minutes après mon acte d’auto-violence et qu’il allait s’occuper de moi rapidement.</p>
<p>Naïve ! Que j’ai été naïve. De la belle innocence d’enfant de 3 ans. J’y repense et j’ai honte ! Je suis même entrain de me cacher, littéralement, sous une couverture.</p>
<p>Claude est effectivement arrivé, pile à l’heure, comme depuis les quatre dernières années. Il avait toujours son joli sourire, mais là, il était différent. Je le sentais, surexcité. Il s’est approché de moi, m’a caressé et m’a dit : « Maudit que j’ai eu du fun avec toi. Mais là, j’ai le goût d’aller voir ailleurs. J’ai eu un rendez-vous avec la P’tite hier soir et puis… T’es fantastique mais elle, elle est… jeune, pimpante, ferme ! Avec elle, j’me sens comme un homme nouveau. J’suis désolée de te faire ça. T’en a vu d’autre et tu vas en rendre un autre heureux ». Et là, le geste qu’il a posé… il m’a arraché le cœur. Je le sens encore et je souffre. Il s’est approché et, avec la même nonchalance que s’il ne m’avait jamais vu, il a enlevé le globe de sur mon dos, le globe jaune et lumineux que j’avais porté fièrement depuis les quatre dernières années. Il m’a arraché mon si cher numéro C-089 pour aller le poser sur le dos de la P’tite.</p>
<p>Je ne pouvais pas le croire. Ce numéro était le mien. Il représentait tellement pour moi. La P’tite, économique, hybride et bleue, ne méritait pas de porter MON C-089. Elle ne sait même pas ce qu’il représente, ce qu’il faut comme dignité pour le porter. La chienne ! La salope !</p>
<p>Puis, Claude est revenu. Je le savais qu’il ne pouvait pas m’abandonner comme ça. Il a ouvert la portière côté conducteur et, comme si souvent, il a pris place, a sorti sa clé et l’a enfilé dans mon démarreur. La jouissance que j’ai ressentie en pensant que j’allais encore rouler avec lui ! J’avais oublié, comme une idiote, que je m’étais bousillée. Plus il tournait le démarreur, plus j’émettais des cris de douleurs.</p>
<p>« Maudit que j’ai bien fait d’acheter l’autre. T’es fini ma vieille ! Gilles ! Appelle une remorqueuse, elle ne démarre pas ».</p>
<p>C’est là qu’il s’est levé et a claqué la porte. C’est là que j’ai crié ma réplique stupide. C’est aussi là que je l’ai vu entrer dans la P’tite, tout sourire, et partir sans un bruit.</p>
<p><em>________________</em></p>
<p><em>Source image: <a href="http://www.flickr.com/photos/cocoip/2912173678/">http://www.flickr.com/photos/cocoip/2912173678/</a></em></p>
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		<title>À propos</title>
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		<pubDate>Sat, 15 May 2010 20:28:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nancy B. Pilon</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Appel de textes]]></category>
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		<description><![CDATA[Qui suis-je ?
Enseignante en éducation physique et à la santé qui enseigne présentement au Nunavik.
Pigiste pour le Webzine Soundbeat Mag (avril 2009– auj).
Community Manager et collaboratrice pour le magazine Décover (sept 2009-auj).
Membre de l’AJIQ.
Vise la réorientation en édition à son retour au “sud”.
But : devenir une auteur lue et appréciée (lire célèbre et multi-milliardaire) et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qui suis-je ?</strong></p>
<p>Enseignante en éducation physique et à la santé qui enseigne présentement au Nunavik.</p>
<p>Pigiste pour le Webzine Soundbeat Mag (avril 2009– auj).</p>
<p>Community Manager et collaboratrice pour le magazine Décover (sept 2009-auj).</p>
<p>Membre de l’AJIQ.</p>
<p>Vise la réorientation en édition à son retour au “sud”.</p>
<p>But : devenir une auteur lue et appréciée (lire célèbre et multi-milliardaire) et une éditrice audacieuse (lire célèbre et multi-milliardaire). Sauver la planète dans mes temps libre et faire un triathlon.</p>
<p>Combinaison de : Nutella. Rire à avoir des crampes. Oreiller en plumes. Death Cab for Cutie. Le jogging, la natation, la randonnée et le yoga. Les voyages. Encore les voyages. L’élégance du hérisson et La vie devant soi. Sushis. Mes amies, individuellement et collectivement, à tous moments. LES CHAUSSURES. Turquoise. Écrire. Couverture en polar. Paris. La photographie amateure. Le tricot (oui, oui) et la couture. Les sacs surdimensionnés. Écouter de la musique vraiment fort dans ma voiture. Mon Nunavik d’adoption. La neige autant que les palmiers. Le surf. La plage. Les ananas et les fraises. Lire. Le fabuleux destin d’Amélie Poulin. Sex and the City, Heroes, Minuit le Soir et 30Rock. Sienna Miller. Le soleil. La planche à neige. Les Laurentides. Le théâtre comme le cinéma. Le thé.</p>
<p><strong>Et ici c’est quoi ?</strong></p>
<p>Mon carré de sable.</p>
<p><strong>D’où ça vient cette idée ?</strong></p>
<p>C’est comme ça pour tout. Avant qu’on naisse, pour nous, il n’y avait rien. Avant de planter une graine, il n’y a pas de plan de tomates. Avant de se briser le fémur, on ne sait pas à quel point c’est douloureux.</p>
<p>Pour chaque commencement, il y avait un rien.</p>
<p>Mon rien est le moment avant que je pose un mot sur un bout de papier. Mon commencement est mon départ dans le monde de la rédaction et de la littérature..</p>
<p><strong>Auteurs favoris </strong></p>
<p>Plus jeune, j’ai tout lu Alexandre Jardin. Puis j’en suis revenue.</p>
<p>Matthieu Simard, Stéphane Dompierre, Virginia Wolfe, Paul Auster, Magaret Atwood, Stéphane Bourguignon, Dany Laferrière, Guillaume Vigneault, Marie-Hélène Poitras, Jay McInerney, Nicolas Dikcner, pour faire une histoire courte.</p>
<p><strong>Livres préférés</strong></p>
<p>La souffrance du jeune Werther — Goethe</p>
<p>L’élégance du hérisson — Muriel Barbery</p>
<p>Le Petit Prince — St-Exupéry</p>
<p>Les Contes de Perrault</p>
<p>La vie devant soi — Romain Gary</p>
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		<title>Maman</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Mar 2010 17:02:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nancy B. Pilon</dc:creator>
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		<category><![CDATA[J'écris]]></category>
		<category><![CDATA[Je t'aime maman]]></category>

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		<description><![CDATA[Pendant 9 mois, ma mère en format embryonnaire se développait tranquillement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>
<a href='http://nancybpilon.com/collabos/maman/attachment/img_1117/' title='IMG_1117'><img width="150" height="150" src="http://nancybpilon.com/wp-content/uploads/2010/03/IMG_1117-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="" title="IMG_1117" /></a>
Pendant 9 mois, ma mère en format embryonnaire se développait tranquillement en laissant croire à la médecine du temps, et donc, par le fait même, à mes grands-parents, qu’elle allait être un garçon. </p>
<p>Hors, sur une certaine période de temps, ma chère grand-mère s’adressa à sa bédaine en lui parlant la langue des garçons.<br />
« — Tu seras fort mon petit, un beau jeune homme fort et débrouillard. Tu n’auras pas froid aux yeux, tu ne laisseras personne t’empêcher de prendre la place qui te reviens. Grandi mon bébé, et devient un homme respectable, un homme qui remporte les honneurs et qui vie une bonne vie. »</p>
<p>Ma mère, du haut de ses 4 cm, se concentrait sur la voix de ma grand-mère pour diriger sa croissance intra-utérine. Elle débuta sa gestation en se concentrant sur sa force de caractère; un homme fort à gros bras c’est bien, mais elle n’avait pas la place nécessaire pour se fabriquer 15 kilos de muscles. Avec un caractère fort, elle se disait qu’elle pourrait se tracer n’importe quel chemin sur n’importe quelle route. Qu’elle pourrait surmonter toutes les embûches possibles et trouver la solution au problème le plus soudain. Son caractère sera son guide, celui qui l’empêchera de flancher dans les épreuves insurmontable et qui prouvera au monde qu’on arrive à tout avec de la volonté.</p>
<p>Quelques semaines plus tard, le médecin de ma grand-mère change son pronostique.<br />
« — Madame, vous n’attendez pas qu’un garçon, ce sont des jumeaux qui poussent dans votre ventre. »</p>
<p>Grand-maman a du réajuster son discours et apprendre la langue des jumeaux.<br />
« — Vous serez toujours là l’un pour l’autre, vous ne vous abandonnerez pas. Vous êtes une famille. Regardez-vous et aimez-vous. »</p>
<p>À ce moment, ma mère ne savait pas vraiment où regarder et qui aimer, mais puisqu’elle est docile et que sa mère le lui demandait, elle aima tout ce qu’elle voyait, se concentra et se mit à développer son cœur. Malgré ses 19.5 cm, elle se forgea un cœur spacieux, comprenant plusieurs pièces, beaucoup de rangement et une entrée d’eau. Un cœur si grand que tous pouvaient y entrer. Son cœur deviendrait sa tête et ferait d’elle la figure même de la bonté, la tendresse. Après quelques secondes de réflexion, elle en est venue à la conclusion suivante :<br />
« — Si je laisse entrer tout le monde dans mon cœur, ça va être vachement lourd. Je vais tomber à plat ventre au sol! »<br />
Elle se façonna alors des épaules massives, où l’on pourrait s’appuyer lors des moments difficiles, où l’on pourrait pleurer, rire. En touchant à cette épaule, on saurait qu’on pourrait toujours compter sur elle et qu’elle ferait tout pour que l’on soit comblés. En plus, anatomiquement parlant, ça équilibrait sa silhouette et diminuait considérablement les risques de chutes brutales au sol.</p>
<p>La gestation de maman approchant à sa fin, la médecine revenait encore sur ses observations :<br />
« — Madame, vous aurez une fille, une jolie petite fille. »</p>
<p>Éberluée, ma grand-mère sorti son discours féminin et caressa son gros ventre :<br />
« — Tu seras jolie comme un ange, ma fille, avec toute ta grâce et ta délicatesse. Tu auras des feux de bingalles dans les yeux, le fou rire aux lèvres. »</p>
<p>Il est inutile de préciser que là, ma mère, elle était mêlée. Il lui restait 4 semaines pour appliquer les nouvelles paroles de ma grand-mère. Elle prit une journée pour féminiser son visage et l’envelopper d’un définition parfaite et minutieuse. Ensuite, elle se dessina le plus rigolo des sens de l’humour et le teinta de l’essence de la folie. Elle se mit à rire pour tout, à transformer sa voix, à explorer son imagination. Dès lors, elle arrêta de marteler les parois utérines de ma grand-mère pour entamer une valse continue vers la sortie.</p>
<p>En poursuivant sa croissance à l’extérieur, dans le vrai monde, les paroles de ma grand-mère berçaient encore et toujours les comportements de ma mère. C’est ainsi qu’on la voyait grimper dans les arbres et jouer avec des lance-pierres, comme un garçon, soutenir le monde sur ses épaules comme le ferait un jumeau pour son semblable, et piquer des crises de nerfs comme une fille.</p>
<p>Maman, avec sa quadruple personnalité, a tracé son chemin dans la vie, mieux que n’importe quel homme à force plus ou moins égale. Maman est une femme de principe qui défriche le terrain pour les autres, qui ne choisi pas la voie facile parce que sinon, ce serait moins amusant! Maman fonce, ouvre des portes, dit des gros mots (des fois!), soulève des divans d’une demi tonne. Maman avance dans la vie sans regarder en arrière et avec elle, une fierté certaine de l’avoir fait toute seule.</p>
<p>Maman a le cœur de 15 éléphants dans sa minuscule cage thoracique. Elle aime incalculablement. Maman se laisse passer après les autres car le bonheur des siens alimente le sien. Elle est là, même quand on le la voix pas, écoute quand on ne parle pas, comprends même si on n’en a pas l’impression. Maman donne.</p>
<p>Maman est folle! Elle ricane toujours (bon pas toujours, toujours, toujours…!), invente des histoires pour transformer les creux en route lisse. Elle transforme des pannes de courant en occasion de camper dans le salon. Elle construit des ponts entre la peine et le fou rire et nous les fait traverser en jet privé. Elle chatouille. Donne des becs en pincettes.</p>
<p>Maman est un homme, des jumeaux et une femme à la fois. Maman est plus forte que tous les hommes et aime plus que deux cœurs de n’importe quels jumeaux. Maman est la femme qu’on devrait avoir comme modèle pour tempérer un peu ce monde de malheurs.</p>
<p>Dans le ventre de ma grand-mère, Maman a été un garçon, des jumeaux et une fille. Dans le cœur de ceux qui la connaisse, Maman vit et grandit, encore et toujours. </p>
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